Cette glande nous tient à l’œil !

CETTE GLANDE NOUS TIENT À L’ŒIL

Dans l’article Notre « troisième œil » l’épiphyse (Science et Vie Novembre 1967), à la lumière des plus récentes découvertes médicales de l’époque, le Dr Jacqueline Renaud exposait ce que l’on savait de cet organe mystérieux situé au cœur du cerveau, la fameuse « glande pinéale » chère à Descartes : autrement dit, l’Épiphyse.

L’article débute par un survol historique de la découverte de l’épiphyse, tant sous ses aspects scientifiques que philosophiques.

Au cours du temps et des interprétations que firent les philosophes du fonctionnement des perceptions, de l’intelligence et du comportement, l’épiphyse fut qualifiée de diverses aptitudes.

Tour à tour régulateur du « flux liquidien » réglant tout le fonctionnement de l’individu suivant Galien, régulateur du courant de pensées pour Aristote ou centralisateur des sensations et des images chez Descartes…

Chakra

Symbole hindou du 3ème oeil

Selon une tradition indienne, bien antérieure à notre ère, nous posséderions un « troisième œil », organe de double vue nous permettant de retrouver le spectacle et l’expérience de nos vies passées.

Or il semble que, pour les sages indiens, cette vision, loin d’être purement spirituelle, ait eu pour organe anatomique l’épiphyse.

Étonnamment, ces caractéristiques étaient parfois proches de la réalité qui peut être décrite actuellement.

* * * * *

La phylogenèse de l’épiphyse fait apparaître qu’elle se développe au dépens de la cavité du ventricule dont les cellules vont secréter le liquide céphalo-rachidien. Elle semble sur ce point avoir une fonction de sécrétion.

Chez les lamproies, les lézards, elle remonte vers la paroi osseuse du crane, au niveau d’un orifice fermé uniquement par une membrane. Elle présente alors la structure d’un œil abondamment innervé comme les yeux latéraux.

Cependant ce troisième œil à la rétine ex versée, c’est-à-dire que les éléments récepteurs se trouvent sur la couche la plus intérieure et les nerfs aboutissent sur la couche extérieure.

Comme s’il s’agissait de regarder au-dedans.

Dans l’évolution vers l’homme, l’épiphyse redescend sous le ventricule et ses tissus sécréteurs se renforcent: elle devient une glande!

En anatomo-physiologie on constate la présence simultanée dans l’épiphyse de pinéocytes et d’astrocytes, les premières ont des enclaves contenant une substance pouvant être excrétée (hormone), les secondes sont des cellules caractéristiques du tissu nerveux que l’on ne trouve en général que dans celui-ci.

L’épiphyse serait donc à la fois un organe « nerveux » et une « glande endocrine ».

C’est en étudiant les connexions de l’épiphyse que l’on va pouvoir comprendre son rôle.

Accolée au cerveau, elle n’en reçoit aucune innervation directe et n’en émet aucune dans cette direction.

C’est du système sympathique qu’elle reçoit une importante innervation, particulièrement en provenance du ganglion cervical supérieur, lequel reçoit l’essentiel de ses informations des mouvement de la pupille et du globe oculaire.

Et c’est là que la physiologie nous permet des considérations étonnantes.

Car ces messages qui viennent de l’œil pour diriger le fonctionnement de l’épiphyse ne sont pas des messages rétiniens, c’est-à-dire grossièrement sensoriels ; ce sont des messages émis par les mouvements de la pupille. Et ces mouvements sont déclenchés tout aussi bien par des efforts de vision réelle que par des imaginations de vision ou des sensations intérieures dénuées d’images (élargissement pupillaire à la douleur par exemple). Autrement dit, voilà que, par une autre voie, notre épiphyse redevient un organe perfectionné du système de la vision, une sorte d’analyseur au second degré, un véritable troisième œil

Place de l'épiphyse dans le cerveau

Cette glande pinéale comme la nommait Descartes, reçoit donc des messages du système nerveux sympathique, mais ne dispose pas d’un canal de retour sur le plan nerveux.

C’est donc en tant que glande qu’elle va pouvoir s’exprimer.

L’expérience a montré qu’elle avait un rôle modérateur sur le fonctionnement et le développement des glandes génitales.

L’hypophyse provoque la croissance et le fonctionnement des gonades en secrétant des gonadostimulines. On a pu prouver que l’épiphyse agissait sur la commande de ces secrétions et pas directement sur les gonades.

L’hypophyse est sous le contrôle d’une zone du cerveau qui a pour fonction d’analyser le sang et que l’on nomme hypothalamus; c’est via celui-ci que l’hypophyse reçoit le feed-back de la plupart des glandes endocrines qu’elle a pour rôle de commander.

L’épiphyse agirait donc sur l’hypophyse via l’hypothalamus.

L’épiphyse agit aussi directement sur la thyroïde et sur les cortico-surrénales, mais il ne semble pas y avoir de feed-back direct de ces glandes vers l’épiphyse.

En tant que glande endocrine, l’épiphyse secrète de la sérotonine et de la mélatonine. Elle est le lieu du corps qui contient la plus forte densité en sérotonine, sans doute secrétée par les terminaisons nerveuses sympathique qui y aboutissent.

C’est aussi dans cette « glande pinéale » que l’on trouve l’enzyme spécifique capable de transformer la sérotonine en mélatonine.

Cette dernière interviendrait dans le contrôle des cycles circadiens (à l’époque en effet ce n’était encore qu’une supposition)et en conséquence sur l’ensemble des mécanismes physiologiques de l’individu.

L’innervation de l’épiphyse étant uniquement le fait du système sympathique et spécifiquement des nerfs qui sont sous l’influence de l’œil, de ses mouvements globulaires et pupillaires, que la vision soit réelle ou imaginaire.

Le Docteur Renaud termine en ses termes:

Le lieu d’action premier et essentiel de l’hormone épiphysaire est l’hypothalamus, la partie du cerveau où s’exprime, dans toute son intimité, l’unicité psychosomatique de la personne.
Plus particulièrement, par l’intermédiaire de l’hypothalamus, et à partir des messages que lui envoie la vision du dehors et du dedans, l’épiphyse règle l’activité de reproduction, l’équilibre des réserves d’eau de l’organisme (l’eau est l’ultime réserve de vie), et l’activité métabolique de toutes les cellules (la thyroïde commande au métabolisme de base).
Voilà donc une glande qui tient notre métabolisme à l’œil!

Jean-Pierre Maquet
28/09/11
Les textes en italiques sont des extraits de l’article du Dr Renaud.
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2 réponses à Cette glande nous tient à l’œil !

  1. Paula dit :

    I’d suggest admin addding a « google+ » button for easy share.

  2. admin dit :

    Je ferai cela plus tard car j’estime devoir, en priorité, augmenter le nombre d’articles!
    Merci donc pour votre aimable « rappel »…

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